Participants : Claire PEILLOD (directrice de l'ESAD) introduction. Bernard LECOEUR (Psychanaliste): Les destins du déchets.
« Nous tenons follement à nos déchets, nous les aimons sans retenue, contre toute raison nous les adorons, comme le montre l'expérience de la cure psychanalytique.
Ainsi, ce qui est devenu hors d'usage et seulement digne d'être jeté (la déjection), ce qui est sale au point de faire horreur (l'ordure), ce qui n'a plus de destination et donc plus de but (le rebut) est-il choisi pour être ce qui représente au mieux la part la plus précieuse de nous-même. Pourquoi ?
Le déchet c'est d'abord l'intime, la matière extraite d'un bien sur lequel nous régnons sans partage, le corps. Ensuite, le déchet est au ressort d'une essentielle relation avec l'autre, le principe même d'un commerce fondamental. Enfin, s'il signifie ce qui est entraîné dans la chute - ce qui déchoit-, le déchet ne sort pas pour autant du champ du langage. Bien au contraire, il en est l'un des éléments remarquables, l'un de ceux qui nous amène aux confins du sens. »
Bernard Lecoeur est psychanalyste et membre de l'Ecole de la Cause Freudienne.
Stefan SHANKLAND (artiste)
Pour une Approche plastique de la Post-consommation
« Stefan Shankland présentera des projets où se croisent développement durable, tourisme, industrie, management des déchets et art contemporain - projets réalisés dans des contextes aussi divers que le littoral nord-Ouest européen, un bâtiment Le Corbusier, une déchetterie londonienne, un centre d'art contemporain, une station de recyclage cubaine ou un centre d'entreposage pour déchets nucléaires en France. »
Stefan Shankland, artiste plasticien, conçoit et réalise entre 1997 et 2007 une dizaine de projets dans lesquels le phénomène des déchets, la matière usée, la poubelle, les processus de recyclage et la post-consommation, constituent tour à tour la matière première, le sujet ou le moteur de sa création.
Bénédicte RAMADE (historienne d'art)
Pratiques artistiques du déchet
« Si le déchet a tenu une place emblématique dans le rapprochement de l'art et de la vie à partir des années 1950, il est curieusement devenu un symbole bien difficile à manipuler par les artistes contemporains. Très discret dans les pratiques actuelles, le déchet, auréolé de problématiques environnementales, est devenu un encombrant médium. Depuis la fin des années 1970, son statut et ses symboliques n'ont cessé d'évoluer, de se dégrader, entre objet transitionnel d'une société décadente et symbole impuissant d'un combat écologique et politique. Le déchet et son système le recyclage s'inscrivent néanmoins au cœur d'une réflexion de plus en plus vive sur le postmodernisme. Dès lors, pourraient-ils s'inscrire de nouveau comme la pratique de cette décennie ? Une observation des pratiques artistiques pionnières et leur descendance, depuis Mierle Laderman Ukeles à Tue Greenfort, s'impose pour engager le déchet dans un renouveau plastique et esthétique. »
Bénédicte Ramade est critique d'art et journaliste. Elle collabore depuis 1999 pour la revue l'œil et vient de diriger un numéro thématique consacré à l'engagement écologique pour la revue 02. Elle enseigne l'histoire de l'Art à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et est actuellement commissaire d'une exposition sur la nature artificielle pour le centre d'art de la Villa Arson à Nice (Acclimatation, 31 octobre 2008 - 31 janvier 2009)
Michel ZAEGEL (responsable du service de collecte des déchets à Reims Métropole)
Déchet : tout bien meuble destiné à l'abandon.
Depuis cette première définition du législateur en 1975 de nombreuses évolutions ont abouti aux conclusions du Grenelle de l'environnement en 2007. L'histoire des déchets ne pourrait pas se résumer sans appréhender l'obligation de salubrité publique qui incombe aux maires. L'une des plus grandes découvertes ne fut elle pas un récipient destiné au stockage des déchets dont M. Poubelle, préfet de Paris, imposa l'usage au XIX° siècle ?
Aujourd'hui, la gestion des ordures ménagères et des déchets assimilés relève souvent d'une compétence transférée aux intercommunalités. Ceci est le cas de REIMSMETROPOLE qui organise la collecte et le traitement des déchets des 215 000 habitants soit près de 102 000 tonnes.
Cette intervention consistera à présenter une approche des techniques de collecte et de traitement des déchets. Le cadre réglementaire qui régit les objectifs de tri à la source ainsi que le principe des filières dédiées y seront également abordés.
Michel Zaegel est responsable du service chargé de l'information, la pré-collecte et la collecte du déchet : relation avec l'habitant, ramassage et transport des déchets vers leurs sites de traitement.
Giuseppe FABRIS (historien et théoricien du design)
Le déchet dans l'histoire du design
Le design du recyclage est né d'une réelle et évidente exigence. D'une certaine manière on pourrait dire qu' il a toujours existé dès lors que de tous temps la nécessité a conduit les hommes, confrontés au besoin de résoudre mille difficultés pratiques, à la réutilisation des choses . Toutefois aujourd'hui, et de plus en plus, la production excessive, le gaspillage et les problèmes posés par l'accumulation anarchique des déchets imposent un engagement concret et ce même au niveau de la production sérielle. Une vue panoramique sur les différentes façon d'aborder le sujet de la part de nombreux designers, plus ou moins investis dans cette recherche, est à la base de ce propos qui s'efforcera de montrer comment on a pu de multiples manières donner une nouvelle vie aux choses et de découvrir aussi, comment cette seconde vie est devenue parfois plus resplendissante encore que la première.
Gisueppe Fabris est designer-architecte, diplômé de l'Université de Florence, enseignant en histoire du design et de l'architecture à Rennes et à Paris, et en sémiologie à Troyes.
Fabien BOUTON (éco designer)
Figures de l'eco conception en design
Illustration de la notion d'éco-conception à travers des exemples concrets qui génèrent peu de déchets et explication du principe même de l'éco-conception qui est une approche multicritères et multiétapes.